Dimanche 19 mars 2006

C’EST LE MOMENT.

Les étudiants sont en grève générale, le mouvement est majoritaire, les AG provinciales massives. Les lycéens commencent à s‘organiser. 400 000 manifestants le 7 février, 1 million le 7 mars, sans appels à la grève interprofessionnels clairs, sans grève des transports, et pourtant des centaines et des centaines de milliers, dans les entreprises et dans la Fonction publique, ont fait grève pour manifester. Sans oublier les sondages qui, à leur tour, disent que l’immense majorité rejette l’arbitraire patronal et veulent la fin de la précarité et le retrait du CPE et du CNE.

Comment pourrait-on dire que les travailleurs, actifs, chômeurs, retraités, en formation, ne sont pas prêts à la grève générale interprofessionnelle et à une montée massive à Paris contre le pouvoir qui veut nous imposer le CPE et le CNE ? Pour gagner, et sans craindre de chasser le pouvoir, alors la grève générale jusqu'au retrait des CPE et CNE est possible et nécessaire.

La Coordination étudiante réunie à Poitiers le 11 mars a proposé aux directions nationales des centrales syndicales d’organiser une grève générale interprofessionnelle le 23 mars pour permettre la montée massive à Paris de la jeunesse et des travailleurs. Comment se fait-il que syndicats de salariés et partis de gauche ne leurs aient pas répondu ?

La question qui nous est posée est celle de la victoire. Oui, on peut gagner, si l'on n'a pas peur de chasser Chirac, De Villepin et Sarkozy ! Car en effet, une grève générale interprofessionnelle avec montée massive à Paris, pas pour aller se promener, mais pour affronter le pouvoir, en dénoncer l’illégitimité totale, montrer la force de la majorité, c’est ouvrir la voie à leur chute, à leur départ « anticipé ». Et alors ? Ne serait-ce pas conforme au vœu de la majorité réelle, conforme donc à la démocratie ? Qui représente donc l’Assemblée qui a voté le CPE ? La majorité ? Allons donc !

 

Et peut-on indéfiniment laisser les jeunes affronter le pouvoir, aux risques de la répression et de la provocation ?

 

Non, C’EST LE MOMENT. Le moment de la généralisation et de la concentration pour gagner, le moment où ce qui est possible devient un objectif : grève générale jusqu'à satisfaction, centralisation de la lutte contre le gouvernement.

Réunissons-nous partout en assemblée générale pour organiser la grève générale et la montée sur Paris. Qu’un maximum d’assemblées générales (comme celle des étudiants de Clermont-Ferrand le lundi 13 mars) et de sections syndicales, d’unions locales, de fédérations, appellent à réaliser cette généralisation et cette concentration de notre mouvement avant fin mars : pour gagner, parce que c’est trop important, parce qu’il en va de l’avenir de tous les jeunes, imposons la volonté majoritaire.

 

Ce tract a été réalisé par les groupes membres du collectif pour le retrait du CPE, pour une manifestation nationale centrale, pour chasser Chirac, De Villepin et Sarkozy. Ils vous invitent à le reproduire, le faire circuler, le discuter, et à entrer en contact.

 

Club Liaison Socialisme Révolution Démocratie <http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html>, Club République Sociale <http://www.republiquesociale.fr/>, La Commune <http://www.lacommune.org/>, Le Militant <http://www.le-militant.org/> ,Groupe de Rocles - section de Montluçon ….

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Dimanche 5 mars 2006

Toutes les mesures de Villepin visent à freiner la baisse du chômage pour
contraindre les jeunes à prendre un sous-emploi.

Pourquoi Villepin a t il tout misé, dés le début de son gouvernement sur la «
baisse du chômage » ? Parce qu'il était certain qu'elle se produirait
mécaniquement !
Le départ à la retraite de la génération baby-boom de
l'après-guerre devait pousser, sans créer d'emploi, simplement pour les
remplacer, à des embauches massives.

A tel point que Villepin s'était donné « cent jours »... et que, fin 2005,
courant 2006, il pouvait être sûr et certain de son coup !
Normalement, le
phénomène aurait dû être tellement important que le chômage pouvait diminuer drastiquement, vers 9 puis 8 voire 7 % de la population active.

Mais une telle baisse, si importante, Ni Villepin ni le Medef n'en veulent !

Alors Villepin a pris des mesures non pas pour diminuer le chômage mais pour freiner son recul
et aussi des mesures pour contenir les exigences que les
jeunes arrivant à l'emploi massivement, auraient été en situation d'obtenir  !

[ Quelqu'un doutant de cela m'a apostrophé en prétendant qu'on ne pouvait
imaginer un tel « complot » et que Villepin voulant être élu et voulant être
jugé sur la baisse du chômage ne pouvait jouer un tel « double jeu ». Cette
personne est naïve : car tout prouve qu'il en est ainsi ! Le fait que le
chômage n'ait baissé que de 5 % en 2005 est le fruit d'une politique, en dépit
de son affichage, qui vise un
autre but : fragiliser, sous le chantage à
l'emploi, les droits des salariés et leurs revendications salariales
-
d'où le
Cne, le Cpe, la mise en cause du Cdi, et du Code du travail. ]

Toutes les mesures de Villepin freinent la baisse du chômage :

- Allongement des durées du travail sur la journée (forfaits jours pour tous)
sur la semaine, et sur l'année
: déblocage du nombre des heures
supplémentaires, baisse de leur majoration. Tous les salariés qui sont ainsi
poussés à travailler deux fois plus pour améliorer leurs salaires bloqués,
travaillent à la place d'autres qui ne sont pas recrutés. Le blocage de la
réduction du temps de travail et sa ré-augmentation massive contribuent au
chômage.

-
Allongement des durées du travail sur la vie en repoussant l'âge de la
retraite.
C'est l'application de la loi Fillon sur les 40 annuités, des mesures
Balladur calculant cette année les retraites sur les 23 meilleures annuités, des
« décotes » imposées dans la Fonction publique aux fonctionnaires qui n'ont
évidemment pas les annuités exigées. On marche vers les 41 et 42 annuités de
cotisations. La limite d'âge des fonctionnaires a été portée de 65 à 67 ans.

-
Villepin met en place des mesures pour maintenir les "seniors au travail", il
met en place des doubles « Cdd vieux » de 18 mois chacun,
entre 57 et 60 ans.
Villepin propose de rendre possibles les « cumuls » emploi-retraite, les «
cumuls » demi-retraite et intérim, les « cumul » temps partiels retraites et
autre emploi.

- Obligation de chercher un emploi entre 57 et 60 ans
: la filière « D » des
Assedic était ouverte aux demandeurs d'emploi de plus de 57 ans et ayant cotisé
100 trimestres. Elle permettait une indemnisation de 42 mois. Elle vient d'être
supprimée.

Toutes ces pressions visent à retarder les départs massifs en retraite ! Autant
de postes que les jeunes pouvaient espérer et qu'ils n'ont pas
! Comment
s'étonner, dans ces conditions, qu'il y ait 23 % de jeunes sans emploi ?


- Mesures visant à permettre à un salarié de travailler pour deux entreprises,
d'être à mi-temps dans l'une et envoyé comme sous-traitant dans l'autre :
marchandage, prêt de main d'ouvre illicite sont ainsi facilités.

-
Suppression achevée des 300 000 emplois-jeunes, emplois aidés de remplacement en nombre limité, pré-retraites supprimées, facilitation des licenciements, facilitation des plans sociaux.

- Réduction drastique des postes des services et de la Fonction publique. les
fonctionnaires partants ne sont pas remplacés, les jeunes qui pouvaient
s'attendre à des centaines de milliers de postes ouverts aux concours, doivent
déchanter. Villepin serre la vis partout : il manque des postes dans les
hôpitaux, les écoles, l'équipement, tout cela accroît l'embauche des jeunes.

- Villepin pousse à ce qu'il y ait un « suivi » des chômeurs
: les absences au
contrôle et les radiations administratives représentent (Le Monde du 28 nov
2005) respectivement 36,2 % et 8,2 % des motifs de sortie
et concernaient 163
717 personnes dans un cas, et 37172 dans l'autre. Les nouveaux « contrats de
reclassement personnalisés » ne comptent pas dans les chiffres des demandeurs
d'emploi.

Villepin ne crée pas d'emploi, il supprime de façon comptable des chômeurs,
assez pour paraître faire reculer a minima le chômage, pas trop pour continuer
le chantage à l'emploi et imposer précarité et bas salaires.

L'essentiel des chômeurs officiellement comptabilisés en « moins » ces derniers
mois provient de ces radiations, et non pas des emplois créés, tandis que les
effets des départs en retraite sont neutralisés au maximum.

Donc, Villepin peut faire plaisir au patronat en accentuant le chantage à
l'emploi sur les jeunes : avec comme slogan central, « Un Cpe c'est mieux que
rien ».

Alors que les jeunes pouvaient espérer profiter du tournant démographique pour
accéder enfin, massivement à de vrais boulots, Villepin les force à accepter
des « emplois soumis » à droits dégradés, et donc à bas salaires !

C'est ça le fond de la politique de Villepin et non pas la lutte contre un
chômage qui doit de toute façon doit diminuer !

Gérard Filoche, Inspecteur du travail

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Mercredi 1 mars 2006
 
Pris sur le site de l'acrimed : http://www.acrimed.org/article2281.html
ou comment on peut expliquer sur France Inter les causes des inégalités entre les pays...
No comment ?
 
Paroles d’expert : les inégalités entre le Nord et le Sud expliquées aux enfants

   

Une fois encore, « Les ptit’s bâteaux » - ce qui n’enlève rien mérites de cette émission destinée aux 6-12 ans [1] quand elle aborde d’autres sujets - embarquent les enfants dans les eaux glacés de l’expertise économique. Après le cours de vulgate libérale infligé par Daniel Cohen le 16 janvier 2006, nouvelle leçon le 8 février.

Noëlle Breham annonce la question d’une jeune auditrice, question portant sur un sujet délicat s’il en est : « L’injustice est difficile à admettre et encore plus difficile à comprendre, et parfois on répond aux enfants - moi il m’est arrivé de le faire, j’en suis pas particulièrement fière - quand j’avais rien à dire, de répondre « Oh, laisse tomber, la justice n’est pas de ce monde. » Eh bien, c’est pas une bonne réponse. Nous avons demandé à Alain Frèrejean de répondre justement en quatre minutes à une question qui mériterait une réponse beaucoup, beaucoup plus longue [...]  ». Un précaution (ou un désaveu préventif ?) fort à propos, comme on va le voir.

C’est donc au tour de Chloé de poser sa question : « Bonjour, je m’appelle Cholé, j’ai neuf ans, et j’aimerais savoir pourquoi dans l’hémisphère Nord de la Terre les pays sont riches, et dans l’hémisphère sud c’est le contraire.  »

C’est Alain Frèrejean qui est chargé de lui répondre. « Ingénieur et historien » (c’est ainsi qu’il se présente), il a écrit divers ouvrages - Les Maîtres de forges, Napoléon IV : Un destin brisé (1856-1879) (Préface de Philippe Seguin) - Terre d’inventeurs. Conté, Niepce, Thimmonier, Lumière, Renault qui lui doivent sans doute sa réputation d’ »expert »

Résumons sa réponse. Elle tient en 3 points et une note d’espoir. Les pays pauvres sont pauvres parce que :
- 1. Ces pays ne travaillent pas assez ou, plus exactement, ils n’incitent pas assez à l’effort personnel ;
- 2. Ces pays n’ont pas assez de machines ou, plus exactement, ils ne disposaient pas du charbon nécessaire pour faire fonctionner les machines ; _ - 3. Ces pays n’échangent pas assez ou, plus exactement, ils ne disposent pas des accès à la mer ou des grands fleuves qui permettent d’échanger.

Heureusement (c’est la conclusion), il existe une note d’espoir : grâce à Internet, ils vont pouvoir communiquer et échanger.

Cela se passe (presque) de commentaires. Mais cela mérite cependant une transcription, allégée de quelques exemples et ponctuée de quelques remarques.

« Chloé, je crois que la richesse, c’est le produit du travail par le commerce. C’est les deux sources de la richesse.

La première des choses, c’est de produire, et produire, c’est faire un très gros effort pour travailler, un très gros effort individuel, et il y a des religions qui incitent à beaucoup travailler, à l’effort individuel, en particulier le protestantisme — beaucoup plus que le catholicisme qui lui interdisait pendant très longtemps le prêt à intérêts, il interdisait le métier de banquier — et il y a d’autres religions comme par exemple l’islam ou le bouddhisme qui n’ont pas l’argent en très haute estime. On dit souvent « Inch’Allah » : il y a un destin, c’est Dieu qui va être l’artisan de la réussite, c’est pas tellement le travail de l’individu. Alors il est certain que les peuples protestants qui sont dans le Nord de l’Europe et le Nord de l’Amérique ont mieux réussi que les peuples du reste du monde. Les pays qui ont été communistes incitent à l’effort collectif et pas à l’effort individuel, donc ça n’incite pas le particulier à faire un travail individuel.  »

Cette version revu et corrigée du livre de Max Weber, L’éthique du protestantisme et l’esprit du capitalisme, dissimule une explication de la pauvreté par la paresse individuelle dont la hauteur de vue ne peut qu’éblouir des enfants. Que faut-il faire pour sortir de la pauvreté ? Se convertir au protestantisme ?

« Pour travailler, il ne suffit pas de faire un effort personnel, il faut aussi avoir des outils et avoir des machines, et ces machines, elles sont d’autant plus efficaces qu’elles sont mises en oeuvre par de l’énergie, et pendant très longtemps, la grande énergie c’était le charbon. Or le charbon il se trouvait essentiellement dans l’hémisphère Nord. Pendant tout le XIXème siècle qui a vu la grande prospérité de l’Europe et de l’Amérique du Nord, c’était grâce au charbon et à la machine à vapeur, et il n’y en avait pas ou presque pas dans l’hémisphère Sud [...]. »

On ne sait plus bien si le plus important, ce sont les machines ou le charbon. Mais même un enfant de 8 ans peut comprendre que c’est le machinisme qui a incité à utiliser le charbon. Et les machines, d’où viennent-elles, docteur Frérejean ? De l’effort individuel, sans doute. Donc, on n’est pas plus avancé.

« Alors, ça ne suffit pas de travailler et d’avoir des machines, il faut aussi faire des échanges, parce que : à quoi ça servirait d’entasser de l’or et de ne pas avoir de farine pour se nourrir ou de ne pas avoir de légumes et de ne pas avoir de fruits ? [...] Alors ce qui est très important, c’est de pouvoir échanger. Quels sont les pays qui ont pu beaucoup échanger ? Ce sont ceux qui sont au bord de la mer, parce qu’ils ont pu naviguer, ou au bord des grands fleuves [...]. »

Où l’on apprend que les échanges sont toujours bénéfiques et que pour généraliser ces échanges bénéfiques pour tous, il faut de vastes étendues d’eau. Sinon...

« Et alors, nos pauvres amis africains, très souvent ils se sont trouvés coincés dans des forêts équatoriales, sans les moindres moyens de communication, sans les moindres moyens d’échange, alors même s’ils avaient un petit peu de cuivre, ou un petit peu de caoutchouc, ils ne pouvaient rien échanger.  »

« L‘injustice est difficile à admettre », disait à juste titre l’animatrice de l’émission. Mais Alain Frèrejean, fataliste, incite à la compassion impuissante, ou presque... Car il existe une lueur d’espoir qui ne va pas tarder à briller après un retour au premier argument destiné à enfoncer le clou :

« Donc ce qui est très important, c’est le travail de l’individu, c’est une société qui valorise le travail. Par exemple l’esclavage ... L’esclavage, c’est très, très mauvais, parce que tant qu’on a des esclaves, on ne se donne pas de mal, et on ne cherche pas des machines pour rendre le travail plus efficace !  »

Nous ne sommes pas bien sûr d’avoir compris de quoi il s’agit : de l’esclavage pratiqué par des peuples paresseux ? Ou de l’esclavage auquel les peuples d’Afrique ont payé le plus lourd tribut, pour le plus grand bénéfice des peuples courageux, charbonneux et maritimes ? Qu’importe, puisque l’essentiel est à nouveau résumé : « Donc au fond ce qui est important, c’est l’effort humain, tout ce qui aide l’effort humain, et puis c’est tout ce qui aide à commercer. ».

Mais comme il est difficile de convertir tous les pays pauvres à une religion productive et de les doter de charbon et de fleuves, il n’existe qu’une seule solution qui est aussi un « grand espoir » : « Et le grand espoir que j’ai pour les pays africains ou les pays du centre de l’Asie, c’est que bientôt grâce à Internet, ils vont pouvoir communiquer même s’ils sont dans des coins tout à fait perdus.  ». Fin.

Mission accomplie : en quatre courtes minutes, Alain Frèrejean a réussi à infliger un cours de libéralisme anhistorique à une jeune fille de 9 ans qui s’inquiète des inégalités de richesse sur Terre.

Inutile de cherchez les explications absentes ou, simplement, d’autres explications possibles : la Vérité unique n’explique rien du monde dans lequel Chloë vit aujourd’hui. Mais c’est la Vérité. Parole d’expert !

Alain Thorens (Transcription de Stanislas, pour Acrimed)

P.S. Merci au correspondant qui nous a signalé cette expertise d’une confondante neutralité.



_________________________________________________

[1] Tous les dimanches soirs, quelques minutes avant le sacro-saint « Masque et la plume », cette émission réserve une demi-heure aux questions de ses jeunes auditeurs. Ça s’appelle « Les p’tits bateaux « . Recueillies par répondeur, les questions font l’objet de quelques minutes d’explication par des scientifiques et autres spécialistes qui, généralement, font preuve d’un réel souci d’explication

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Vendredi 27 janvier 2006

L’urgence est toujours là, on ne peut plus réelle, et elle s’aggrave de jour en jour parce que la situation s’aggrave. Mais de quelle urgence parlons-nous ? Certainement pas de celle qui prévalait dans le décret, heureusement annulé depuis, qui prétendait ramener le calme dans les banlieues.

Nous parlons de l’urgence à prendre en compte les problèmes de fond qui perturbent en profondeur le fonctionnement de notre société. Car nous vivons un crépuscule. Crépuscule du soir qui précède l’entrée dans une longue nuit ? Ou crépuscule du matin, aurore qui précède le retour de la lumière et l’entrée dans une nouvelle ère ? La question est très grave. Personne, bien sûr, ne connaît la réponse. Mais cette réponse dépendra de ce que les habitants de ce pays, de ce continent, de cette planète, seront capables de mettre en œuvre pour que nous n’entrions pas dans une nouvelle nuit, comme trop de pays en connaissent encore et comme nous avons connu de terribles au XXème siècle.

Nous constatons sans arrêt les coups de boutoir porté par le gouvernement actuel de la France et par d’autres avant lui contre toutes les lois sociales qui ont fait la fierté de notre pays. Et c’est un mouvement assez général en Europe et dans le monde. Face à une telle débauche d’énergie et un tel acharnement contre le service public sous toutes ses formes, contre les retraites, contre le code du travail, etc., on constate qu’il est de plus en plus difficile, tout au moins dans certains milieux, de mobiliser les gens pour agir et résister. Car nombreux sont ceux qui se sentent écrasés par ce rouleau compresseur et qui ont l’impression qu’« on ne peut rien y faire ». C’est vrai que manifester, faire grève, même massivement, ne suffit plus. C’est vrai que la situation s’est durcie et qu’il faut donc plus d’énergie et plus de courage pour lutter. C’est vrai que cela devient aussi plus dangereux car le pouvoir cherche avec une agressivité toujours plus grande à étouffer les revendications et les luttes sociales.

Par ailleurs on ne peut pas ignorer la portée symbolique de la récente révolte des banlieues qui a soudain rappelé à la France et au Monde l’existence de ces jeunes qu’on aurait facilement tendance à oublier quand ils ne cassent pas les voitures. Car on ne peut pas ignorer que ces jeunes sont des français souvent originaires d’Afrique du nord et d’Afrique noire, ainsi que de Turquie et de bien d’autres régions du monde il est vrai, mais tous en butte à des discriminations toujours plus nombreuses et durables, à cause de leur nom, de leur apparence physique ou de leur adresse dans une banlieue « mal famée ». Ils sont exclus des circuits de réussite d’une société qui les somme de s’intégrer tout en les empêchant de le faire. Pour eux les discriminations racistes viennent s’ajouter aux difficultés, pourtant déjà grandes, dues au chômage et à la libéralisation galopante de notre économie. Alors, si ces jeunes se sont mis à tout brûler, détruisant d’abord leur propre cadre de vie, les voitures des habitants du quartier et parfois même leurs écoles, n’est-ce pas parce que la République française du haut de sa grandeur et de ses certitudes s’est montrée incapable de leur donner une vraie place en son sein et parce que l’Ecole de la République n’est plus un facteur d’intégration réel dans cette même société dans laquelle pourtant ils brûlent de faire leurs preuves ? Quel triste constat !

Pour autant faut-il baisser les bras ? N’est-il pas urgent au contraire de nous retrousser les manches, de nous regrouper, partout et avec tous ceux qui partagent notre volonté de voir s’instaurer un monde plus juste afin de répondre à la violence du gouvernement autrement que par la « violence urbaine », pour reprendre une expression à la mode ? On ne peut rien espérer à court ou moyen terme des dirigeants de partis politiques qui se disent de gauche et qui semblent avoir oublié depuis longtemps le sens de ce terme et de l’idéal auquel il renvoie. Alors il faut s’organiser autrement et rejoindre tous les groupes, associations, organisations diverses qui luttent avec de véritables idées de gauche en faveur d’un monde plus juste fondé sur des valeurs de solidarité, de partage des richesses, de respect de l’être humain au-delà des différences et en tenant compte de ces différences pour s’enrichir les uns les autres au lieu de se rejeter et de se détruire.

Voilà bien notre état d’urgence.

 

Par Nawel Chanudet GDR - Publié dans : groupederocles
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Vendredi 27 janvier 2006

Voici déjà deux ans que la majorité des électeurs de la Région Auvergne viraient le roi, empereur, président, académicien et homme-le-plus-intelligent-du-monde de la présidence de cette région. Ils élisaient à sa place la gauche, qui n'avait pas fait exprés de gagner, mais qui avait été mise là pour virer les autres.

Le nouveau président, Pierre-Joël Bonté, est décédé soudainement voici une semaine à l'heure où est écrit cet article. C'était un brave type, formule qui est un vrai compliment pour un membre de la classe politique : quand il faisait de la politique, ce qui lui arrivait rarement, il était de gauche.

Mais son discours dominant fut (je cite de mémoire textuellement) :"nos problémes ne sont pas des problèmes gauche/droite, ni des problèmes entre patrons et salariés : notre problème, c'est l'image et l'attractivité de l'Auvergne". Par un tel discours "au plus prés du terrain", l' "Auvergne" devenait une sorte d'entreprise devant se vendre, et attirer des investisseurs, en concurrence avec les autres territoires. Et toutes les composantes politiques du conseil régional -courants du PS, PCF, Verts- d'embrayer sur de telles fadaises. Illustration saisissante du problème politique : sitôt élus, ils ne font plus de politique alors qu'ils ont été élus pour ça !

Concrétement cela veut dire que les Conseils régionaux de gauche appliquent, en râlant, mais ils appliquent, la décentralisation de Raffarin et les hausses d'impôts locaux qu'elle entraîne. Que, sur l'aide aux entreprises, ils sont en Auvergne passés d'une aide clientéliste à telle ou telle boîte à une aide par filières, en accord avec les représentants du patronat dans sa globalité, MEDEF et Chambres de Commerce et d'Industrie, mais que l'on ne voit pas plus de garanties sur le contrôle social et démocratique de ces subventions importantes et de leurs effets sur l'emploi, les investissements, l'environnement (le vice-président chargé de ce point est Jacques Mizoule, PCF). En matière scolaire la Région subventionne -pour le privé et les CFA autant que pour le public- les manuels et les premiers équipements au niveau lycée.

Au jour d'aujourd'hui les régions de gauche en France couinent contre l'étranglement financier que la décentralisation provoquerait. En toute objectivité, elles exagèrent beaucoup car leurs projections supposent que la source des dépenses transférées, la taxe pétrolière (TIPP) ne va pas augmenter, alors qu'elle a déjà beaucoup monté. Mais ce qui est grave, c'est qu'au lieu de protester contre l'injustice de cet impôt indirect reposant sur la combustion du pétrole dans les bagnoles, et de défendre un impôt progressif national sur le revenu , elles envisagent de lever elles-mêmes leurs impôts. L'Alsace montre la voie en instaurant un péage. Mais deux présidents de gauche -Queyranne à Lyon et Roussin à Bordeaux- veulent maintenant que les Régions légifèrent ! C'est là le programme des Ligues lombardes en Italie, à quoi Raffarin a ouvert la voie par sa réforme constitutionnelle. Attention danger !

Bien entendu les élus régionaux qui liront ces lignes diront : "mais quelle impatience ! pouvons-nous faire autrement ? ". Ce n'est pas de l'impatience, c'est un désaccord. Et vous pouvez faire autrement que gérer l'existant dans le cadre existant : vous avez une majorité écrasante sur le territoire. En se liguant pour un impôt progressif et juste, en instaurant un vrai contrôle social et une vraie transparence des aides aux entreprises, en faisant appel, tout simplement, à ceux qui vous ont élus, vous seriez forts, vous seriez réalistes, vous seriez d'habiles "gestionnaires". On prend ses responsabilités ...

Par Vincent Présumey GDR - Publié dans : groupederocles
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Vendredi 27 janvier 2006

 La situation politique actuelle est préoccupante.   Nous sommes confrontés à un gouvernement de droite qui, mois après mois, aggrave la situation des salariés et jette dans la précarité un nombre de plus en plus important de personnes. 

Face à cette agression permanente, la gauche dite institutionnelle n’apporte à ce jour, aucune réponse capable de susciter l’espoir  au sein d’une population complètement désorientée.

 L’extrême gauche n’est  pas en mesure de surmonter ses tentations groupusculaires.

 Il y a quelques décennies, cette conjonction de phénomènes a permis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite dans des pays voisins, avec les conséquences que l’on connaît.

 

En juin 1997, la gauche plurielle, n’a pas su satisfaire les attentes des électeurs qui lui avaient  permis d’accéder aux responsabilités et en 2002, une grande majorité d’entre nous sont allés voter pour barrer le chemin à Le PEN. Le résultat s’avère désastreux. La droite s’est empressée d’appliquer une politique ultra-libérale, faute d’une opposition crédible. 

 

Le 29 mai dernier, une majorité de citoyens se sont mobilisés pour refuser l’avènement d’une Europe libérale à contre courant de la plupart des responsables politiques de gauche qui ont soutenu un projet de constitution libérale de concert avec la droite et leurs échos médiatiques.

 

Dans un an nous seront appelés à élire non seulement un président de la République , mais surtout à dire quelles politiques nous voulons dans  les années à venir.

 Les partis institutionnels semblent ne pas avoir  encore de réponses crédibles pour offrir aux citoyens une alternative  sociale, solidaire et écologique.

 Des comités dit du 29 mai  ou autres existent un peu partout en France pour permettre l’émergence d’une mobilisation nécessaire destinée à ouvrir une voie d’espoir et une alternative crédible.
 Il n’est pas trop tard. Il faut s’engager pour imposer une telle voie.
 Le groupe de ROCLES qui a largement participé dans l’ALLIER  à la campagne du non au référendum européen y contribue. Venez le renforcer.

Par Gérard Gendre GDR - Publié dans : groupederocles
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Vendredi 27 janvier 2006

Entreprendre en Scop, c’est s’inscrire dans une démarche née des conflits sociaux il y a plus de 150 ans. C’est aussi faire un autre choix d’organisation d’entreprise. Alors que la société capitaliste classique est la propriété de ses actionnaires et à pour but de faire fructifier leur capital, la coopérative est la propriété collective de ses salariés/associés et à pour but de faire vivre le projet qu’ils se sont donnés selon des règles démocratiques.

Dans une Scop, qu’elle soit en SARL ou SA, les salariés/associés élisent régulièrement leur dirigeant(e) (gérant(e) ou PDG) et prennent les décisions en AG selon la règle « 1 homme = 1 voix » et ce, quel que soit la part de capital détenu par chacun.

Autre point important, dans une Scop les bénéfices de l’entreprise sont en priorité redistribués aux salariés (en moyenne 45 %), et le reste se divise en deux : la mise en  réserve pour l’autonomie de l’entreprise puis en dernier et de manière facultative, la rémunération du capital.

Participative, ancrée dans les territoires et orientée sur le pouvoir des personnes plus que celui des capitaux, la Scop apporte une réponse aux enjeux de la création d’emplois, de la transmission d’entreprise, du développement local par l’entrepreneuriat collectif.

Enfin créer une Scop, c’est mettre l’économique au service du développement de la personne et non l’inverse.

En France, il existe plus de 1600 Scop représentant plus de 37 000 salariés/associés, réparties dans tous les corps de métiers et sur tout le territoire. La plus petite a 2 salariés, la plus grande plus de 1 000. Les Scop s’inscrivent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Elles ne se limitent pas au territoire français mais existent aussi au niveau européen et mondial. Elles peuvent être un levier d’échanges pour un développement équitable et équilibré nord-sud.

 

 

Pierre Gadrey (Scop Z’images Productions-Moulins)

 

Pour des contacts sur l’Auvergne :

Union régionale des Scop Auvergne -

www.scop-auvergne.coop    Tél. : 04 73 26 20 37

 

Au niveau national : Confédération Générale des Scop : www.scop.coop

Par Pierre Gadrey GDR - Publié dans : groupederocles
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Vendredi 27 janvier 2006
80% au bac … et après ? les enfants de la démocratisation scolaire de Stéphane BEAUD (La découverte / poche)
Une œuvre sociologique  qui  se transforme en  une aventure humaine, une œuvre d'humanité dans son sens le plus plein .
Au point de départ , une enquête  sur les étudiants  des " cités " " issus de l'immigration ", commencée il y a quinze ans dans les quartiers HLM  de Montbéliard et qui faisait suite à celle concernant les ouvriers de Peugeot ( à lire également : Retour sur la condition ouvrière  de S BEAUD et M PIALOUX Fayard)
Pour tous ceux qui veulent comprendre  d'où venaient  (de très loin) les " événements " dans les banlieues de l'automne dernier il faut lire  absolument ce livre :  S BEAUD a suivi  , semaine après semaine pendant près de dix ans de 1990 à 2000, le parcours , l'histoire, de quelques étudiants de ce quartier . Ces parcours individuels illustrent celui de toute une génération et aident à le comprendre .  
Et c'est ce qui s'est passé .  Des étudiants des " cités " se sont reconnus dans ce livre : Parmi beaucoup d'autres , l'un d'eux, étudiant à Lyon engage avec S BEAUD, le sociologue, un dialogue  par mails   sur ce livre et montre comment son histoire rejoint celle de centaines de milliers de jeunes :  Younes AMRANI et S BEAUD Pays de Malheur ! un jeune écrit à un sociologue (La Découverte/poche)
Un exemple  parmi d'autres  plus émouvants  : le récit de son " apprentissage " de la Marseille à l'armée : il aide à  comprendre ce qui s'est passé quelques années plus tard au Stade de France quand la Marseille fut sifflée .
Des mêmes auteurs  un autre livre dont le titre dit tout : S BEAUD et M PIALOUX : Violences urbaines violence sociale Génèse des nouvelles classes dangereuses. (hachette /Pluriel)
Par Michel Panthou GdR - Publié dans : groupederocles
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